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La retraite en Suisse : comprendre, anticiper, optimiser

La retraite en Suisse peut sembler simple (on “touche une rente”), mais en réalité elle repose sur un système à plusieurs étages. Si vous voulez éviter les mauvaises surprises, il faut comprendre les 3 piliers, savoir à quel âge vous pouvez partir, et comment vos choix (lacunes de cotisations, retrait en capital, 3e pilier, etc.) impactent votre revenu futur.

Le modèle suisse : les 3 piliers, chacun son rôle

La prévoyance vieillesse suisse repose sur trois piliers complémentaires : l’État, l’employeur, et l’épargne privée. L’idée est de répartir le risque : si un pilier est faible (carrière interrompue, temps partiel, expatriation), les autres peuvent compenser.

  1. 1er pilier (AVS) : c’est la base, obligatoire, conçue pour couvrir les besoins vitaux.

  2. 2e pilier (LPP / caisse de pension) : lié au travail salarié, destiné à maintenir le niveau de vie.

  3. 3e pilier : épargne volontaire (souvent fiscalement avantageuse en 3a), pour compléter.

Âge de référence : ce qui change et ce que ça implique

En Suisse, on parle désormais d’“âge de référence” (au lieu d’“âge de la retraite”). L’objectif est un âge de référence à 65 ans pour tout le monde. Dans le cadre de la réforme AVS 21, l’âge de référence des femmes est relevé progressivement de 64 à 65 ans à partir de 2025.

Concrètement, la retraite est aussi devenue plus flexible :

  • vous pouvez anticiper votre rente (en général jusqu’à 2 ans),

  • ou au contraire ajourner (jusqu’à 5 ans),

  • et même le faire partiellement (par exemple 20% à 80%), selon les règles AVS.

L’AVS : la rente de base, mais pas automatique au “max”

L’AVS dépend surtout de deux choses :

  • votre durée de cotisation (lacunes = rente réduite),

  • votre revenu moyen pris en compte.

En 2026, la rente AVS maximale est indiquée à 2’520 CHF par mois (pour une rente complète).
Pour un couple marié, la somme des deux rentes est plafonnée à 150% de la rente maximale, soit 3’780 CHF par mois.

Pour aller plus loin sur l’AVS (rente complète, lacunes, calcul, démarches) : tout ce qu'il faut savoir de la rente AVS.

La 13e rente AVS : oui, ça arrive, et c’est daté

Point important et très récent : la 13e rente AVS (votée en 2024) sera versée pour la première fois en décembre 2026, en supplément de la rente de décembre.
Elle correspond à un douzième de la somme des rentes de vieillesse effectivement versées dans l’année (avec des règles de calcul précises).
À noter : le financement a fait l’objet de discussions politiques (et peut évoluer dans les modalités), mais la date du premier versement (décembre 2026) est clairement annoncée par les sources officielles.

Le 2e pilier : la partie “niveau de vie”… mais pas garantie si carrière atypique

Le 2e pilier (LPP) dépend de votre salaire assuré et de vos années de cotisation via l’employeur. C’est souvent lui qui fait la différence entre “je survis” et “je vis correctement”.

Points pratiques à retenir :

  • si vous avez eu du temps partiel, des périodes hors Suisse, ou des interruptions, votre 2e pilier peut être nettement plus bas ;

  • à la retraite, selon votre caisse, vous pouvez choisir rente, capital, ou un mix (les règles varient d’une institution à l’autre) ;

  • si vous changez d’employeur, vous avez un avoir de libre passage à surveiller (éviter les comptes oubliés).

Le 3e pilier : l’outil le plus simple pour reprendre la main

Le 3e pilier sert à combler ce que l’AVS et la LPP ne couvriront pas. En pratique :

  • le 3a (lié) est souvent utilisé pour l’avantage fiscal et la discipline d’épargne (plafonds annuels, conditions de retrait),

  • le 3b (libre) est plus flexible mais généralement moins “encadré”.

Si vous êtes salarié et affilié à une caisse de pension, il existe un plafond de versement annuel au 3a (il évolue régulièrement).

Les 5 questions à trancher avant de partir

  1. Ai-je des lacunes AVS ? (séjours à l’étranger, interruptions, cotisations manquantes)

  2. Mon 2e pilier sera-t-il suffisant ? (et quels choix rente/capital ?)

  3. À quel moment partir ? (anticiper = réduction à vie, ajourner = augmentation)

  4. Quel budget réel à la retraite ? (logement, assurance maladie, impôts, loisirs)

  5. Quelle stratégie d’épargne d’ici là ? (3e pilier, rachats LPP, marge de sécurité)

À retenir

La retraite en Suisse, c’est une mécanique : AVS + caisse de pension + épargne privée. Si vous ne faites rien, vous aurez “quelque chose”, mais pas forcément ce dont vous avez besoin. Les bons choix se jouent 5 à 15 ans avant le départ : vérifier ses droits, éviter les trous, optimiser le 2e et le 3e pilier, et décider intelligemment entre anticipation, ajournement, rente et capital.

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